Depuis l’année dernière, le Festival de Cannes ne débute plus un mercredi mais bien un mardi pour terminer le samedi et non plus le dimanche. Un premier changement qui n’a pas vraiment d’impact sur notre travail de couverture. En revanche, la modification des heures de projection avait fait ruer dans les brancards les représentants de la presse écrite. En effet, les organisateurs, histoire de ne pas heurter la susceptibilité de certains réalisateurs, avaient décidé de ne plus projeter les films à la presse avant la projection officielle du soir, celle-ci devenant alors la toute première projection mondiale. Le hic, c’est que la presse écrite avait un temps de retard sur leurs confrères des autres modes de communication.

Conscients de ce problème, les organisateurs ont décidé de changer à nouveau les heures de projection pour la presse, supprimant alors le sacro-saint 8h30 que tout un chacun appréciait, même s’il fallait se lever tôt. Dès lors, en programmant les projections à 16h30 et 22 heures, ils se confrontent à un autre problème, celui de la presse radiophonique qui a son direct généralement vers 17 ou 18 heures. L’affaire n’est dès lors pas gagnée.

Pendant ce temps, on s’affaire autour et dans le palais. Chacun cherche ses marques, les Marches ne sont pas encore habillées de rouge, les ouvriers de la ville de Cannes installent les différentes infrastructures et le gang des escabelles s’installe devant les Marches en espérant avoir la meilleure place possible. La tension monte au même tempo que le mercure. Résultat, un blessé, pas trop grave, du côté du gang des escabelles. Pour lui, le Festival semble déjà terminé.

 

Copyright photos : Thibaut Demeyer

Pour les touristes de passage et qui tentent coûte que coûte de se faire photographier devant les Marches en construction, ils s’étonnent de voir que rien ne semble prêt et que les ouvriers travaillent à leur rythme, donnant l’impression de fredonner la chanson de Michel Sardou « aujourd’hui peut-être, ou alors demain »… pourtant, vieux routards du Festival que nous sommes, nous savons que tout sera prêt dans les temps.

Sur la Croisette qui semble encore déserte, on y croise toutes sortes de personnes ou plutôt de journalistes accrédités. Les uns sont là pour couvrir les évènements people, au grand dam des organisateurs du Festival, d’autres pour couvrir des sujets généraux parce qu’ils font partie de la presse généraliste et puis, il y a les critiques cinéma ou plutôt journalistes cinéma qui, à la façon de Jeff Tuche qui réclame « des frites, des frites, des frites », réclament plutôt « des films, des films, des films ».

Brigitte LEPAGE