C’est sans Benoît Poelvoorde, officiellement cloué au lit à cause d’une bronchite, que Benoît Mariage est venu présenter en avant-première Cow Boy, une comédie dramatique sur fond d’un fait divers authentique. Rencontre.

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Benoît Mariage, pourquoi avoir choisi Cow Boy comme titre ?Il y a tellement de films sur le marché qu’il faut réfléchir à un titre accrocheur. J’ai trouvé que le rapport entre le Cow Boy, Benoît Poelvoorde et sa Winchester allait très bien. Puis, un Cow boy se dit aussi d’un gars qui fonce, qui n’a peur de rien.Cow Boy part d’un fait divers authentique qui s’est déroulé en Belgique en 1980. Mais, le fond de l’histoire est tout autre chose.Exactement. C’est l’histoire d’un journaliste de 40 ans qui fait le bilan de sa vie. Il fait donc tout pour arriver à ce qu’il espère, mais il se plante.Avez-vous pensé directement à Benoît Poelvoorde en écrivant ce film ?Oui tout de suite parce qu’au départ, je voulais faire une comédie que Benoît pouvait interpréter de façon brillante où ce mec, un peu coincé, ne parvient pas à créer un peu d’intimité avec lui-même. Et, lorsque je vois le résultat et sa façon magistrale d’avoir interprété ce personnage, j’avoue qu’il m’a fait un beau cadeau.Et François Damiens était-il aussi prévu dès le départ ? Oui. Je l’avais rencontré peu de temps avant. Il avait adoré Les Convoyeurs attendent. On a mangé ensemble, j’ai vu ses caméras cachées puis j’ai trouvé que le gars était charmant, plein de potentiel. Je lui ai dit : « ce n’est pas un grand rôle mais prends le et on fera d’autres choses ensemble par après. » Terminer votre film sur la chanson des Poppys « Non, rien n’a changé » est une façon pour vous de nous dire que la société n’a pas changé ?C’est un paradoxe. Paradoxe parce que si la société n’a pas changé, le personnage lui, a changé. Je pense que la société est plus déficitaire qu’il y a 25 ans sur pas mal de points de vue. Mais paradoxalement dans le film en chantant cela, le personnage principal s’est transformé et j’aimais bien cette ambiguïté. On connaît la capacité d’improvisation de Benoît Poelvoorde. Est-ce que vous l’avez laissé faire par moment où vous avez exigé qu’il s’en tienne strictement à ce que vous aviez écrit ?

Avec Benoît, on est deux personnalités différentes. Je n’écris pas tout à fait pour lui. Je pense que la richesse de notre travail c’est qu’il y a une plus value et que lui se superpose sur mon univers. Donc, on n’est pas dans la redondance mais bien dans la plus value. Mais si j’écrivais comme lui, je pense que nous serions dans une redondance et il se parodierait peut-être plus. Là, il a le plaisir d’apporter cette touche personnelle sur quelque chose qui ne lui appartient pas tout à fait. Je pense que la richesse de notre travail naît de notre différence aussi et ce, aussi bien dans Les Convoyeurs que dans Cow Boy.

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