Lorsque je parle de Cannes à mon retour, on n’arrête pas de me parler des soirées. Cela devient par moment un peu lourd. Lourd parce que pour nous, Cannes, ce n’est pas des vacances, des soirées etc. mais bien des rencontres, des interviews, des conférences de presse et surtout des films à visionner, un maximum de films à visionner.

Journée chargée et probablement même la plus chargée de cette quinzaine : gros choc cinématographique avec le film de Lars Von Trier, le réalisateur danois hyper provocateur, hors compétition « The House that Jack built » mené de bout de bras par Matt Dillon, Bruno Ganz et Uma Thurman ; que dire ? Un thriller efficacement surprenant.

Après « Cold War » de ce vendredi, j’ai également été séduite par le film de Jafar Panahi « Trois visages ». Sa manière de présenter la condition féminine actuelle qui oppose la modernité de grandes villes face aux traditions ancestrales encore d’actualité dans certaines régions reculées de montagnes nous ramène à la réalité de pays où on est encore bien loin de la liberté du choix de vie. Malheureusement, le réalisateur iranien n’a pu être présent sur la French Riviera car il n’a pas obtenu l’autorisation de quitter son pays.

Côté hors compétition, la France n'a pas eu peur de se mouiller avec "Le Grand Bain" de Gilles Lellouche, une comédie grand public et son casting cinq étoiles (Matthieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Virgine Effira, Leila Bekhti, Marina Foïs, Jean-Hughes Anglade, Philippe Katherine) pour égayer la Montée des Marches.  

 Copyright photo : Thibaut Demeyer

En revanche, dans les sélections parallèles, le ton est différent. Par exemple, dans la section « Un Certain Regard », le film qui fait le plus parler de lui est « Girl » du réalisateur belge Lukas Dhont avec l’histoire d’un garçon qui se sent plus fille ou plutôt une fille enfermée dans le corps d’un garçon. Un film qui fera certainement parler de lui tant ici sur la Croisette que lors de sa sortie en salles. Même chose pour « Nos batailles » présenté à la semaine de la Critique avec dans le rôle principal Romain Duris. Une histoire de séparation qui pose bien des problèmes au papa qui se retrouve seul du jour au lendemain et sans explication avec ses deux enfants. Nous sommes loin des films comme « Kramer contre Kramer » car le fond de l’histoire est bien différent. Là aussi on reparlera certainement de « Nos batailles » lors de sa sortie en salles.