LA SELECTION OFFICIELLE POUR LE CINEMA BELGE ET LA SELECTION PARALLELE POUR LE LUXEMBOURG

Si le mois de mai est le mois le plus attendu par les cinéphiles et le monde du cinéma, ce n’est pas pour ses nombreux jours de congé mais bien parce que le 5e mois de l’année est synonyme de Festival de Cannes. Mais avant la date d’ouverture de celui-ci, l’autre moment attendu avec impatience est celui de la conférence de presse révélant alors la sélection officielle. Conférence qui s’est déroulée aujourd’hui à Paris.

Soyons chauvins et annonçons d’emblée ce qui est pour nous l’information la plus importante de cette 72è édition, qui se déroulera du 14 au 25 mai, en l’occurrence la présence des frères Dardenne en compétition officielle avec « Le jeune Ahmed » ainsi que la présentation, dans la sélection « Un Certain Regard » des films « Viendra le feu » d’Oliver Laxe, une co-production luxembourgeoise à travers la société Tarantula Luxembourg dirigée par Donato Rotunno, le film d’animation « Les Hirondelles de Kaboul » de Zabou Breitman (Mélusine productions)  et « Chambre 212 » de Christophe Honoré (Bidibul Productions).

RIEN QUE DU BEAU MONDE

Je sens que cette 72e édition s’inscrira dans les annales des plus belles années de l’histoire du Festival de Cannes. Dès le départ, les papilles cinématographiques vont déguster avec grand plaisir le film d’ouverture, en compétition, signé Jim Jarmusch. Ce réalisateur d’origine tchèque et naturalisé américain a souvent été en compétition sur la French Riviera sans pour autant décrocher la récompense suprême, à l’exception de celle du court métrage pour « Coffee and Cigarette ». 2019 sera-t-elle l’année de sa consécration avec « The Dead don’t Die » une histoire de zombies complètement décalée où se croiseront Iggy Pop, Tom Waits, Bill Murray, Adam Driver et bien d’autres stars ?

Si Jim Jarmusch concourra pour sa première Palme d’or, il n’en saura pas de même pour Ken Loach, Terrence Malik et les frères Dardenne qui eux courent après leur seconde pour Terence Malik et troisième Palme d’or pour Ken Loach et les Dardenne Brothers.

Si le retour de Pedro Almodovar n’est pas une grande surprise après avoir endossé le rôle de Président du jury en 2017, il est plutôt étonnant de voir Xavier Dolan en lice pour une Palme d’or qu’il avait frôlée en 2016 avec « Juste la fin du monde » où il avait décroché le Grand Prix du Jury. Tellement déçu de ne pas avoir obtenu la Palme d’or, il semblait avoir boudé le Festival. Le revoir en compétition nous fait penser que le prodige québécois n’est en définitive pas trop rancunier et tant mieux pour nous !

Cela fait déjà 10 ans que Marco Bellocchio n’était plus venu à Cannes. C’était pour « Vincere » ou l’histoire cachée de Mussolini. Cette année, le réalisateur italien viendra nous conter une histoire vraie sur la mafia italienne.

Du côté cinéma français, quatre films ont retenu l’attention du comité de sélection : « Sybil » de Justine Triet avec Virginie Efira et Gaspar Ulliel ; « Roubaix » d’Arnaud Desplechin avec Roschdy Zem, Sara Forestier, Léa Seydoux ; « Les Misérables » de Ladj Ly et « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma avec Adèle Haenel.

ELTON JOHN, CLAUDE LELOUCH HORS COMPETITION

Si les 19 films présentés en compétition sont de grande importance, ceux présentés hors compétition le sont tout autant. Après le magnifique « Roman de Gare », déjà présenté hors compétition, Claude Lelouch, 80 ans, viendra dévoiler « Les plus belles années d’une vie » ou la suite de « Un Homme et Une Femme » qui avait décroché à l’époque la Palme d’or alors que Claude Lelouch pensait que la carrière de cinéaste n’était pas faite pour lui. Nous retrouverons donc 53 ans après le célèbre « Chabadabada » Claude Lelouch, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée sur le tapis rouge !

Une autre pointure foulera le célèbre tapis rouge. Il s’agit d’Elton John dont le film « Rocketman » de Dexter Fletcher est, ni plus ni moins, un biopic consacré à celui qui fut anobli par la Reine d’Angleterre.

Daniel Auteuil et Guillaume Canet seront aux côtés de Nicolas Bedos qui viendra présenter son second long métrage, après l’excellent « Monsieur et Madame Adelman », intitulé « La belle époque ».

Si le Festival de Cannes refuse encore et toujours les productions Netflix, il nous présentera quand même une production Amazon à travers les deux premiers épisodes d’une nouvelle série signée Nicolas Winding Refn intitulée « Too Old to die Young ».

Rappelons que le Président de cette 72e édition du Festival de Cannes, qui se déroulera du 14 au 25 mai, n’est autre que le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu alors que l’acteur Edouard Baer endossera pour la troisième fois le costume de Maître de Cérémonie.

On vous la dit, la 72e édition du Festival de Cannes sera certainement un excellent cru. En tout cas, l’équipe de Profession : cinéphiles se réjouit d’y être présente et de vous faire vivre au quotidien les grands moments de cette édition 2019 !

Brigitte Lepage & Thibaut Demeyer

 

Alain Delon, icône incontestable du cinéma français, sera mis à l’honneur lors de la 72e édition du Festival de Cannes, deux ans après l’hommage rendu à Jean-Paul Belmondo.

Alain Delon, 83 ans, a connu ses heures de gloire aux côtés de monstres sacrés comme Jean Gabin et Lino Ventura, et a marqué l’histoire du cinéma. Si les années 70 lui ont appartenu, sa carrière s’est quelque peu amenuisée durant les années 80 malgré quelques polars qui restent malgré tout dans notre mémoire tel que « Pour la peau d’un flic » avec Anne Parillaud et la bande originale signée Oscar Benton. « Notre Histoire » de Bertrand Blier lui permet de décrocher son unique César, celui du meilleur acteur.

Entre le Festival de Cannes et Alain Delon, c’est presqu’une histoire d’amour. Il sera Palme d’or en 1963 avec le film de Vittorio Visconti « Le Guépard ». Il faudra attendre 1990 pour le voir fouler à nouveau le tapis rouge en compétition. Ce sera pour « Nouvelle Vague » de Jean-Luc Godard. Deux ans plus tard, il viendra défendre le film d’Edouard Niermans « Le Retour de Casanova » aux côtés de Fabrice Lucchini. Deux œuvres diamétralement opposées qui ne laissera pas vraiment de traces indélébiles sur la French Riviera. 

N’en déplaise à certaines personnes, il est important que le Festival de Cannes rende hommage à cette icône du cinéma français connu et reconnu dans le monde entier.

Brigitte Lepage & Thibaut Demeyer

Le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu sera le Président du Jury du Festival de Cannes dont la 72e édition se tiendra du mardi 14 au samedi 25 mai prochains.

« Dès le début de ma carrière, le Festival de Cannes a été important pour moi, a déclaré le cinéaste. Je suis honoré et ravi d’y revenir cette année, et immensément fier de présider le Jury. Le cinéma coule dans les veines de la planète et ce Festival en est le cœur. Avec le jury, nous aurons le privilège d’être les premiers spectateurs des nouveaux films de nos collègues cinéastes venus du monde entier. C’est un véritable plaisir et une grande responsabilité, que nous assumerons avec passion et dévouement. »

De leur côté, Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, Délégué général, se réjouissent que le cinéaste ait répondu à leur invitation :

« Il est très rare qu’Alejandro G. Iñárritu accepte de participer à un jury et c’est la première fois que le Jury du Festival de Cannes sera présidé par un artiste mexicain. Cannes est le lieu de tous les cinémas, et à travers la présence de l’auteur de Babel, c’est tout le cinéma mexicain que le Festival célébrera. »

« En plus d’être un cinéaste audacieux et un auteur toujours surprenant, Alejandro est aussi un homme de convictions, un artiste de son temps. Nous avons toujours été heureux de l’accueillir sur la Croisette et, en 2017, particulièrement fiers de présenter en Sélection officielle "Carne y Arena", son installation de réalité virtuelle qui évoquait la question des migrants avec beaucoup de force et d’humanité. »

Alejandro G. Iñárritu succèdera à Cate Blanchett, Présidente de la 71e édition du Festival de Cannes dont le jury a attribué la Palme d’or à Une affaire de famille  du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu.

 

Celle qui a marqué les cœurs et les esprits du dernier Festival de Cannes avec Capharnaüm, Prix du Jury 2018, nommé aux Golden Globes et aux Oscars, présidera le Jury Un Certain Regard de la 72e édition du Festival.
La cinéaste libanaise Nadine Labaki succèdera ainsi à l’acteur Benicio Del Toro.

En trois longs métrages, Nadine Labaki a atteint une renommée internationale, du tapis rouge du Festival de Cannes jusqu’à celui des Oscars il y a quelques mois. Réalisatrice et scénariste, celle qui est également comédienne est née sur la Croisette et y a présenté tous ses films.

« Je me souviens du temps où je venais à Cannes en tant qu’étudiante de cinéma, avide de découvrir le festival le plus prestigieux du monde !, déclare-t-elle. À cette époque, ce monde me semblait inaccessible. Je me rappelle des réveils matinaux et des queues interminables pour pouvoir obtenir un billet. Il y a quinze ans de cela, comme si c’était hier, je remplissais avec angoisse et espoir la fiche d’admission à la Cinéfondation du Festival de Cannes.

Aujourd’hui, me voilà Présidente du Jury Un Certain Regard : la vie apporte parfois plus que les rêves. J'ai hâte de découvrir les films de la Sélection. J’ai hâte de débattre, d’échanger, d’être secouée, de trouver l’inspiration dans la découverte du travail d’autres artistes.»

C’est fait ! Cate Blanchett et ses acolytes ont rendu le palmarès de la 71è édition du Festival de Cannes. La Palme d’or a été attribuée à Kore-Eda Hirokazu pour « Manbiki Kazoku » (une affaire de famille)

Copyright photo : Thibaut Demeyer