Hier, nous avons pu assister à l’hommage rendu à John Travolta devenu célèbre grâce à « Saturday Night Fever » et « Grease » dans les années 70 puis un peu oublié avant de devenir à nouveau une star grâce à Quentin Tarantino et « Pulp Fiction » en 1994.

La présence de John Travolta n’est pas due à la promotion d’un film en sélection officielle mais plutôt à un polar « off » festival intitulé « Gotti » avec à ses côtés Kelly Preston son épouse et néanmoins partenaire dans le film. Dans la foulée, il est venu présenter au cinéma de la Plage « Grease » qui fête cette année ses 40 ans. Bref, c’était aussi l’occasion de lui demander de donner une leçon de cinéma. Une occasion aussi de revenir sur « Pulp Fiction » car ce film l’a sorti d’un très mauvais pas. A l’époque, John Travolta n’avait plus du tout la cote. Puis, Quentin Tarantino lui propose ce rôle dans ce qui devait être un petit film d’auteur et contre toute attente, nous sommes en 1994, Clint Eastwood alors Président du jury, lui attribue la Palme d’or. John Travolta se souvient : « Personne n’a eu la moindre idée de ce que Cannes a fait de « Pulp Fiction ». Nous le considérions comme un petit film d’auteur ciblé et jamais nous ne pensions à une carrière internationale. Mais lorsque nous avons obtenu la Palme d’or, cela a donné une toute autre ampleur au film qui est devenu un tournant dans l’histoire du cinéma et mon histoire personnelle. »

 Copyright photo : Thibaut Demeyer

Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons John Travolta, que ce soit à Cannes ou même au Festival de Deauville et on peut vous dire qu’il est très sympathique, ouvert, il a le contact facile tant avec les journalistes qu’avec les fans. Je me souviens une année, il m’avait dit, je cite « je serai éternellement reconnaissant auFestival de Cannes, et vous autres journalistes, car grâce à vous, ma carrière a été relancée » il faisait bien entendu allusion à « Pulp Fiction ».

Pour revenir à la compétition, il nous reste encore 4 films à voir avant que la 71ème édition du Festival de Cannes ne tire sa révérence. Aujourd’hui, nous avons visionné un film italien dont l’acteur principal Marcello Fonte pourrait bien décrocher le prix d’interprétation masculine. Il s’agit de « Dogman » signé par le réalisateur Matteo Garrone qui compte déjà dans son CV deux prix ici à Cannes. A travers son nouveau film, inspiré d’un atroce fait divers, il nous parle de vengeance, de faiblesse humaine, de trahison et d’abandon mais aussi de violence et de drogue, deux thèmes récurrents dans les œuvres de Matteo Garrone. A noter que « Dogman » a mis 13 ans avant de voir le jour comme nous l’a expliqué le réalisateur italien : « Nous avons commencé ce film il y a 13 ans à la suite d’un fait divers atroce. Puis, au fil des années, l’histoire a changé, on a beaucoup modifié l’histoire. Au final, on a réalisé le film qui vous a été présenté. Grâce à notre rencontre avec Marcello Fonte, de nombreux éléments du film se sont éclaircis d’une façon tout à fait naturelle. »

Au niveau des stars, sincèrement, cette année ce n’est pas le top. Comme déjà expliqué, l’absence de stars américaines rend le Festival un peu terne. Toutefois aujourd’hui, nous avons pu croiser Vanessa Paradis qui présente ce soir en compétition le film de Yann Gonzalez « Un couteau dans le cœur » ; l’acteur récemment oscarisé Gary Oldman qui a été largement applaudi par les festivaliers grâce à sa générosité en matière d’autographes et autres selfies ; l’acteur-metteur en scène Robert Hossein lâchant non sans humour lorsqu’un festivalier l’a appelé pour un autographe « doucement, j’ai 100 ans » ; l’acteur-réalisateur Roberto Begnini qui s’est contenté de saluer la foule avant de s’enfoncer dans la voiture officielle tandis que Vincent Lindon a pris un bain de foule signant les autographes mais évitant les photos parce qu’il n’aime pas ça.  

Brigitte LEPAGE