La 72è édition du Festival de Cannes se termine et pas n’importe comment ! Nous avons assisté à un grand jour dans l’histoire du Festival grâce à la rencontre avec Monsieur Sylvester Stallone qui présentera dès ce soir les premières minutes du 5è opus de Rambo.

Les organisateurs, conscients de l’importance de l’évènement, nous ont conviés dans la salle Claude Debussy histoire d’accueillir un maximum de journalistes pour assister à la rencontre modérée par Gilles Allouache.

Il est 14h30, la Star arrive par les portes arrière de la salle, un peu à la manière d’un boxeur qui se dirige vers le ring. Un tonnerre d’applaudissements l’accueille. Il semble touché par cette marque de sympathie de la part de la presse internationale. Au passage, il serre les mains tendues sans pour autant s’y attarder. Il monte sur scène, salue le public main sur le cœur tout en lançant un « waouw ». Je le confirme, il est touché et ému notre Sly.

Sly fait les cent pas sur la scène pour saluer tout le monde. Les flashs des photographes crépitent à tout va. Les cris des spectateurs s’entrechoquent. Il règne une ambiance d’enfer. C’est la première fois que Sylvester Stallone est mis à l’honneur de cette manière à Cannes. Les autres fois, il montait les Marches mais il n’y avait jamais eu de conférence de presse ou de rencontre avec les accrédités.

Le héros de « Rocky » et de « Rambo » est un homme humble qui n’oublie pas ses origines. Il me fait penser à Charles Bronson que nous avions rencontré début des années 90. Lors de la conférence de presse, il nous avait dit qu’il n’oubliait pas d’où il venait, qu’il était fils de mineur. Stallone c’est le même genre. Certes, on peut parfois se moquer des films dans lesquels il a joué mais n’oublions pas que « Rocky » et « Rambo » ont marqué l’histoire du cinéma.

D’ailleurs, à propos de « Rocky », il raconte « Sur le papier, Rocky était un échec garanti. Nous avons fait le film en 25 jours avec un petit budget. Son succès est dû à cette histoire d’un homme qui s’est battu pour arriver au sommet. Il échoue une fois, persévère et réussit la seconde fois. Rocky est un film optimiste. C’est symbolique. Beaucoup de gens peuvent s’identifier à ce personnage » et il ajoute « Je ne savais pas ce que je faisais. J’ai dû aussi apprendre la boxe. Tout le monde travaillait gratuitement ou presque. On se changeait dans les voitures. Le cameraman n’avait jamais fait de film. Tout devait être raté dans ce film. Il était voué à l’échec à cent pour cent. Il a fallu se battre pour le sortir car personne n’en voulait. De plus, personne ne voulait que je fasse ce film. Les producteurs avaient même pensé à Robert Redford ! Mais je me suis accroché. Résultat, « Rocky » a décroché l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur ! »

« L’étalon italien », comme certains l’ont nommé, ne cache rien. Il joue franc jeu dans ses confidences comme celles liées à son enfance et à ses débuts. « J’étais un simple voiturier. Mon physique n’était pas parfait, mon visage est en partie paralysé suite à un accident à la naissance. Quand j’essayais de décrocher des jobs, on ne comprenait pas ce que je racontais. Un jour Arnold Schwarzenegger m’a même dit que j’avais un accent. Moi ? Un accent ? » Rires dans la salle !

Même si Stallone a une belle carrière, il ne manque pas non plus de regrets. « J’aurais aimé jouer un avocat par exemple. Mais à chaque fois que je me suis éloigné de mon style, cela n’a pas vraiment marché. »

C’est marrant qu’il parle de ce rôle d’avocat parce que lorsqu’il était venu au Festival du Film américain de Deauville pour présenter la comédie « Mafia Love » en 2002, je lui avais demandé quel personnage il rêverait d’interpréter. Il m’avait alors répondu « un avocat, un grand avocat. »

Il est 16 heures, la rencontre se termine et je l’avoue à contre cœur. J’aurais aimé que ce moment ne finisse jamais. Quelle bonne idée que Thierry Frémaux a eue en l’invitant à cette master class.

Brigitte Lepage