Journée du cinéma luxembourgeois oblige, je n’ai pas pu assister à la projection du film de Pedro Almodovar « Douleur et Gloire ». Fort heureusement, nous avons la possibilité de rattraper les œuvres en compétition le samedi avant le Palmarès.  J’en profite donc pour aller voir « Douleur et Gloire » et Le Lac aux oies sauvages » de Diao Yinan.

Cela fait depuis longtemps que je n’ai plus apprécié autant un film de Pedro Almodovar. J’ai bien fait de faire l’effort de me lever. Aucun regret. Quant à Antonio Banderas, c’est lui qui devrait décrocher le prix d’interprétation. A moins que Pedro Almodovar ne décroche la « Palme d’or » pour son « Douleur et Gloire ». Ce n’est pas impossible, Almodovar n’a jamais obtenu la récompense suprême, même pas avec « Tout sur ma mère » ! Un moment, il était même fâché avec le Festival de Cannes. Cela ne l’a pas empêché d’être président du jury il y a deux ans et de remettre la Palme d’or à Ruben Östlund pour « The Square ». Mais même si j’ai beaucoup aimé « Douleur et gloire », je reste sur mes positions, attribuant ma Palme d’or à « Parasite ».

La séance d’Almodovar vient juste de se terminer. J’ai quelques minutes pour me rendre à celle du chinois Diao Yinan « Le Lac aux oies sauvages ». Au passage, je prends presque à la volée un café. Mais il est trop chaud, je ne pourrai jamais le boire entièrement avant d’entrer en salle. Ce n’est pas parce que le festival est presque terminé que nous avons le temps de nous rendre en projection. Bien au contraire. Les séances de rattrapage sont ouvertes à toutes et à tous, quelle que soit la couleur de la carte. Il n’y a plus véritablement de prioritaires même si les cartes blanches, roses pastilles et roses sont cantonnées en bas et que les autres doivent se rendre au balcon.

Il est 13 heures. La séance est terminée. Je suis bluffée par cette œuvre à la photographie époustouflante. Il s’agit d’un film noir digne des plus grands longs métrages du genre. Je viens de passer une matinée d’exception. Terminer le festival sur ces deux notes, on ne peut pas rêver mieux.

Brigitte Lepage